
J’ai passé 2 semaines dans le Beaufortain cet été ou j’ai pu me reposer, me ressourcer, mais aussi me surpasser. Programme : randonnée, trail et vélo sur route. Je suis passé sur le Cormet de Roselend où j’ai été surpris de croiser autant de cyclotouristes 🚵🏽♂️ en pleine traversée des Alpes à cette période (la période la plus chaude).
Parcourir la Route des Grandes Alpes à vélo, c’est s’offrir l’un des plus grands voyages que l’on puisse imaginer sur deux roues en France, me disait un ami il y a quelques jours. De Thonon-les-Bains, au bord du lac Léman, jusqu’à Nice et la Méditerranée, ce sont près de 758 kilomètres et 19 600 mètres de dénivelé positif qui attendent le cycliste audacieux. Un itinéraire qui, au fil des années, a acquis une aura mythique, car il traverse les cols routiers les plus hauts et les plus célèbres des Alpes françaises.
Galibier, Iseran, Bonette, Izoard, autant de noms qui font battre le cœur des passionnés de montagne et qui rappellent les exploits des plus grands champions du Tour de France. Mais la Route des Grandes Alpes ne se résume pas à une succession de cols : c’est aussi un périple à travers des paysages d’une diversité saisissante, un voyage culturel entre Savoie, Dauphiné, Provence et Côte d’Azur, une aventure humaine qui confronte le cycliste à ses limites autant qu’elle l’invite à l’émerveillement.
Dans cet article, je vais explorer en détail cet itinéraire d’exception : son tracé, ses variantes, ses spécificités, ses difficultés, ses atouts pour les cyclistes de tous niveaux y compris ceux équipés de vélos à assistance électrique et enfin, tout ce qu’il faut savoir pour préparer son voyage sur cette traversée.
Un itinéraire mythique au cœur des Alpes
De Thonon-les-Bains à Nice : une traversée intégrale des Alpes françaises
La Route des Grandes Alpes est née au début du XXᵉ siècle, d’un projet routier ambitieux visant à relier le lac Léman à la Méditerranée par les plus hauts cols alpins. Aujourd’hui, elle est devenue un terrain de jeu exceptionnel pour les cyclistes, attirant des passionnés du monde entier 🌍.
Son point de départ officiel se situe à Thonon-les-Bains, sur la rive sud du lac Léman, en Haute-Savoie. Dès les premiers kilomètres, la route prend la direction des montagnes, enchaînant les vallées verdoyantes et les premiers cols intermédiaires, avant de plonger au cœur des plus hautes cimes des Alpes françaises.
Le voyage s’achève à Nice, où l’arrivée se fait en apothéose, après avoir franchi le mythique col de la Bonette et traversé les Alpes-Maritimes. L’itinéraire complet couvre 758 km en ligne directe, mais avec les variantes et options, on atteint facilement plus de 900 km si l’on choisit d’explorer toutes les possibilités offertes.

Les grands cols de la Route des Grandes Alpes
L’itinéraire franchit pas moins de 16 à 18 cols, dont plusieurs parmi les plus hauts d’Europe :
- Col de l’Iseran (2764 m) : le plus haut col routier d’Europe, au cœur de la Vanoise.
- Col du Galibier (2642 m) : théâtre de nombreuses batailles du Tour de France.
- Col de l’Izoard (2360 m) : avec sa fameuse Casse Déserte, paysage lunaire unique.
- Col de la Bonette (2802 m) : point culminant de la route, par la « cime » qui contourne la montagne.
- Col du Cormet de Roselend, col des Aravis, col du Lautaret, col de Vars, col de Turini, col du Pré (celui que j’ai fait) et bien d’autres encore.
Chacun de ces cols est une épreuve physique, mais aussi une récompense visuelle : au sommet, les panoramas s’ouvrent sur des horizons infinis, où se mêlent glaciers, alpages, forêts et vallées suspendues.
Caractéristiques techniques de l’itinéraire
Distance et dénivelé
- Distance directe : 758 km
- Dénivelé positif cumulé : environ 19 600 m
- Durée moyenne : 6 à 8 jours pour des cyclistes entraînés
La Route des Grandes Alpes n’est pas une balade dominicale. Même pour des cyclistes confirmés, l’effort demandé est considérable. Les étapes quotidiennes dépassent souvent les 2000 à 3000 mètres de dénivelé positif, avec des ascensions de plus d’une heure chacune.
Revêtement et conditions de route
- Lisse : 1566,34 km
- Inconnu : 6,12 km
- Voie cyclable dédiée : 41,05 km
- Sur route partagée : 1531,40 km
L’immense majorité du parcours se déroule sur des routes de montagne partagées avec les automobilistes. La qualité du revêtement est globalement excellente, mais il faut rester vigilant dans certaines descentes étroites ou exposées, notamment en début ou fin de saison, quand les conditions météo peuvent se dégrader rapidement.
Nord – Sud ou Sud – Nord ?
La plupart des cyclistes 🚵🏽♂️ choisissent de parcourir la route du nord vers le sud, de Thonon à Nice. Ce choix s’explique par des raisons logistiques (meilleure accessibilité depuis la Suisse ou Genève) et psychologiques : terminer son périple au bord de la Méditerranée a quelque chose de symboliquement fort.
Cependant, l’itinéraire sud – nord est tout aussi intéressant. Il présente même une difficulté particulière : les ascensions sont plus courtes mais plus raides, ce qui rend l’effort plus explosif. Résultat : les presque 20 000 mètres de dénivelé positif se font sentir encore plus durement !
Découpage en étapes et variantes
L’itinéraire principal en 6 à 8 étapes
La version la plus directe, en 758 km, peut se découper en grandes étapes d’environ 100 à 150 km chacune :
- Thonon – Megève / Beaufort (cols de la Colombière et des Aravis)
- Beaufort – Bourg-Saint-Maurice / Val d’Isère (Cormet de Roselend, puis Iseran)
- Val d’Isère – Valloire (Galibier, Télégraphe)
- Valloire – Briançon / Guillestre (Galibier, Lautaret, Izoard)
- Guillestre – Barcelonnette (Vars, Cayolle)
- Barcelonnette – Saint-Étienne-de-Tinée (Col de la Bonette)
- Saint-Étienne-de-Tinée – Nice (Col de Turini ou Col de la Couillole, descente sur la Méditerranée)
Les 6 variantes
La Route des Grandes Alpes propose plusieurs variantes permettant d’éviter certains tronçons routiers dangereux ou d’ajouter des ascensions mythiques :
- Variante Alpe d’Huez et col de Sarenne : incontournable pour les amateurs de cyclisme, avec ses 21 lacets légendaires.
- Variante par le col de la Madeleine : alternative spectaculaire au nord de la Maurienne.
- Variante par le col du Mont-Cenis : offrant un passage vers l’Italie.
- Variante par le col du Chaussy et les lacets de Montvernier : esthétique et technique.
- Variante par le col de Turini : immortalisé par le rallye de Monte-Carlo.
- Variante du col de Joux-Plane : l’un des plus difficiles de Haute-Savoie.
Ces variantes ajoutent de la richesse et de la flexibilité, permettant de composer son propre itinéraire en fonction de ses envies, de son niveau et de ses contraintes de temps.
Une aventure sportive et humaine
Un défi pour cyclistes expérimentés
La Route des Grandes Alpes est classée « Difficile » à « Très difficile ». Elle demande une excellente condition physique, une préparation sérieuse et une bonne gestion de l’effort. Les ascensions s’enchaînent sans répit, certaines dépassant les 20 kilomètres d’ascension continue, avec des pentes souvent supérieures à 7-8 % (Coucou le Col du Pré 😅).
Pour un cycliste amateur, réussir à boucler l’itinéraire est une performance comparable à un marathon en course à pied. Pour un cycliste aguerri, c’est l’occasion de mesurer ses forces sur les mêmes terrains que les champions.
Le rôle du vélo à assistance électrique (VAE)
Grande nouveauté de ces dernières années : la généralisation du vélo électrique. Grâce aux points de recharge installés tous les 30 à 40 km, l’itinéraire est désormais accessible à un public plus large.
Le VAE permet de franchir des cols qui, autrement, seraient réservés à une élite sportive. Cela ouvre la Route des Grandes Alpes aux familles, aux groupes hétérogènes, et à des personnes qui veulent avant tout découvrir les paysages sans se mettre dans le rouge physiquement.
Ainsi, chacun peut trouver son équilibre entre effort et plaisir, entre dépassement de soi et contemplation.
Préparation et conseils pratiques
Préparation physique
- Entraînement préalable : prévoir au minimum 6 à 8 semaines d’entraînement spécifique avec des sorties longues en montagne.
- Gestion de l’effort : adopter une allure régulière, éviter les départs trop rapides dans les ascensions.
- Nutrition : miser sur une alimentation équilibrée et énergétique, avec ravitaillements fréquents.
Équipement conseillé
- Vélo de route bien réglé, avec braquets adaptés (compact 34-50, cassette 11-32 ou plus).
- Sacoches légères ou assistance logistique (transport de bagages).
- Vêtements techniques : prévoir toutes les conditions (chaleur, froid, pluie, vent). Les cols peuvent être glacials même en plein été.
- GPS / cartes : pour suivre les variantes et éviter de se tromper dans les vallées.
Hébergements et logistique
De nombreux hôtels, gîtes et campings jalonnent la route. Certains proposent des services spécifiques aux cyclistes (garage à vélo, repas énergétiques, laverie). Il est conseillé de réserver en haute saison.
En naviguant sur le web, j’ai vu que des agences spécialisées offrent aussi des séjours « clés en main », avec transfert des bagages et assistance mécanique.
Adapter son parcours durant la traversée des Alpes en vélo
Il faut parfois savoir faire preuve de souplesse. La réalité sur le terrain, votre état de fatigue, la météo 🌦️ ou la condition physique des participants peut vous forcer à modifier le parcours initial.
Pour ce genre de périple, anticiper des itinéraires de secours est crucial. Préparez des variantes qui peuvent s’adapter à la condition physique de chacun, aux aléas de la météo et aux imprévus, pour que tout le monde puisse profiter de l’expérience et atteindre l’objectif commun.
Une expérience qui va au-delà du vélo
Des paysages grandioses et variés
Ce qui rend la Route des Grandes Alpes unique, c’est la diversité des paysages traversés :
- Les vallées verdoyantes de Haute-Savoie, avec leurs chalets typiques.
- Les glaciers et hauts sommets de la Vanoise.
- Les alpages de la Maurienne et du Briançonnais.
- Les paysages arides et minéraux de la Casse Déserte.
- Les vallées provençales parfumées de lavande et de pins.
- Enfin, la Méditerranée, avec son soleil éclatant ☀️ et ses senteurs marines.
Une immersion culturelle
La traversée permet aussi de découvrir des villages alpins chargés d’histoire, des forteresses comme celle de Briançon, des spécialités culinaires (tartiflette, diots, tourtons du Champsaur, ravioles, pissaladière niçoise). Chaque vallée a son identité, son accent, sa gastronomie.
Une aventure humaine
Qu’on la parcoure seul, en groupe d’amis, en club ou en famille, la Route des Grandes Alpes est un voyage initiatique. On y vit des moments de doute, de fatigue, mais aussi des instants de grâce, où l’effort se mêle à la beauté des paysages.

Conclusion
La Route des Grandes Alpes à vélo 🚵🏽♂️ est bien plus qu’un simple itinéraire : c’est une expérience totale, où se conjuguent sport, nature, culture et dépassement de soi.
Elle s’adresse à tous ceux qui rêvent d’un défi grandiose, à la hauteur de leur passion pour le vélo. Qu’on la parcoure en 6 jours intensifs ou en 2 semaines contemplatives, qu’on l’affronte avec un vélo de route classique ou qu’on la découvre en VAE, elle marque à jamais ceux qui s’y engagent.
Alors, si vous cherchez un voyage qui allie aventure sportive et émerveillement, préparez vos sacoches, ajustez vos braquets, et lancez-vous sur la Route des Grandes Alpes. Car comme le dit si bien le slogan : c’est une route qui vous demandera de soulever des montagnes, mais qui vous récompensera au centuple. Quant à moi, j’ai pour projet de le réaliser cette traversée l’année prochaine 💪.
FAQ
Quelle est la distance et le dénivelé de la Route des Grandes Alpes ?
L’itinéraire direct mesure 758 km pour environ 19 600 m de dénivelé positif. Avec les variantes, on peut dépasser 900 km.
Combien de temps faut-il pour parcourir la Route des Grandes Alpes à vélo ?
En moyenne, il faut 6 à 8 jours pour des cyclistes entraînés. Les voyageurs plus contemplatifs peuvent prévoir 10 à 14 jours.
Dans quel sens faut-il parcourir la Route des Grandes Alpes ?
La majorité choisit le sens nord-sud (Thonon → Nice), mais le sens sud-nord est aussi possible et plus raide, avec des ascensions plus explosives.
La Route des Grandes Alpes est-elle accessible avec un VAE ?
Oui, l’intégralité du parcours est équipée de bornes de recharge tous les 30 à 40 km, rendant l’aventure possible en vélo à assistance électrique.
Quels sont les cols incontournables de la Route des Grandes Alpes ?
Parmi les plus mythiques : col de l’Iseran (2764 m), Galibier (2642 m), Izoard (2360 m) et la Cime de la Bonette (2802 m).