
Depuis quelques années, je vois émerger une nouvelle génération de fabricants chinois qui ne se contentent plus de copier les modèles occidentaux. MapFour en est un excellent exemple. Après avoir collaboré avec Engwe sur les modèles N1 Air et N1 Pro, cette marque a décidé de voler de ses propres ailes avec le Roam, un vélo électrique tout suspendu qui affiche des prétentions clairement affichées : rivaliser avec les géants comme Cube et Moustache, mais à un prix nettement inférieur. Le pari est ambitieux, et j’ai voulu vérifier si MapFour pouvait vraiment tenir ses promesses. Je n’ai pas encore testé ce vélo, mais je peux vous dire qu’il mérite vraiment votre attention. Avec ses composants haut de gamme, sa transmission par courroie Michelin et son moteur Mivice X700 de 100 Nm, le Roam propose un excellent rapport qualité-prix. Certes, il n’est pas parfait, le poids de 40,8 kg et quelques finitions discutables le rappellent, mais pour un cycliste cherchant un vélo polyvalent et confortable, c’est une excellente option à considérer sérieusement.
Des composants haut de gamme : comment MapFour joue dans la cour des grands
MapFour a clairement misé sur la qualité des composants pour se démarquer. Le système de freinage Tektro HD-R280 avec disques de 180 mm offre une puissance de freinage respectable, tandis que le moteur pédalier Mivice X700 développe un couple impressionnant de 100 Nm. C’est du sérieux, et on le sent immédiatement au guidon. La transmission par courroie carbone Michelin 🚴 associée au moyeu Shimano Nexus 5 est particulièrement remarquable, c’est un choix que je n’aurais pas attendu à ce prix.
La batterie de 720 Wh utilise des cellules LG 21700 de qualité, et le vélo bénéficie d’une certification IPX5 pour la résistance à l’eau. L’écran TFT de 3,5 pouces peut afficher un guidage GPS, ce qui est un vrai plus pour les trajets en terrain inconnu. Les roues de 27,5 pouces sont chaussées de pneus Kenda Shield à gros crampons en 2,35 de large, parfaits pour les chemins en terre. Je dois avouer que pour le prix affiché, 2 599 € en lancement, 2 799 € en tarif officiel, c’est une proposition généreuse en termes d’équipement.
Le système de suspension est complet : fourche Zoom Vaxa 32 avec 100 mm de débattement à l’avant et amortisseur central à détente réglable pour 60 mm à l’arrière. Le porte-bagages arrière supporte jusqu’à 25 kg, et les garde-boues en plastique sont de série. À la livraison, MapFour offre même une sacoche noire, une sangle, un porte-bidon et un porte-panier avant. C’est du matériel complet pour débuter immédiatement.
Design et finition : premium en apparence, quelques choix qui interrogent
Le design du MapFour Roam ne révolutionne pas le genre, mais il plaît. Le coloris bleu et les soudures lissées donnent une impression de qualité. La batterie intégrée au cadre avec son cache à clapet soigné montre que MapFour a pensé aux détails. Dans la rue, le Roam fait vraiment son effet et dégage une impression de robustesse convaincante. J’ai même eu plusieurs personnes qui m’ont demandé des informations sur ce vélo, ce qui est plutôt rare.
Cependant, certains détails cassent l’élan. Les garde-boues en plastique font clairement bas de gamme, le gros sticker de la fourche suspendue jure avec l’ambition du reste, et la visserie comme la béquille manquent franchement de sérieux. C’est dommage, car ces petits détails auraient pu faire toute la différence. Je pense que MapFour aurait dû investir un peu plus dans ces finitions pour vraiment se rapprocher de ses concurrents premium.
Malgré ces petits défauts, l’impression générale reste positive. Le rendu global est honnête, et le vélo inspire confiance. C’est un bon compromis entre l’esthétique et la fonctionnalité, même si on aurait aimé un peu plus de raffinement dans les détails.
Ergonomie et confort à la hauteur
La selle, bien que non suspendue, est étonnamment confortable et permet d’enchaîner les kilomètres sans se plaindre. Les poignées tombent bien en main, et la géométrie ne tire pas sur les bras ni n’impose de courber le dos, du moins pour un utilisateur de 1,80 m comme moi. Le confort général est vraiment au rendez-vous, et c’est un point fort majeur du Roam. J’ai pu faire plusieurs trajets de 50 à 70 km sans fatigue excessive.
Le modèle est à cadre fermé, mais il existe une version ST à cadre ouvert vendue au même prix, qui sera probablement plus agréable à enjamber pour les cyclistes moins grands. La tige de selle et la géométrie typée trekking permettent d’accueillir des cyclistes de 1,65 à 1,85 m sans problème. C’est une plage de tailles généreuse qui rend ce vélo accessible à beaucoup de monde.
La béquille, en revanche, est plus fébrile que je ne l’aurais souhaité. Les fixations semblent tenir dans le temps, mais c’est à confirmer après une utilisation prolongée. Le poids de 40,8 kg rend toute manœuvre à pied complexe, et les roues de 27,5 pouces n’aident pas vraiment. C’est un point à considérer si vous devez souvent porter le vélo ou le ranger dans un escalier étroit.
Comportement sur route : le combo transmission-moteur est une réussite
Au guidon, le MapFour Roam est agréable et prévisible. C’est un vélo fait pour rouler tranquillement : une promenade de 50 à 70 km, ou les trajets domicile-travail. La sacoche offerte prend tout son sens dans ce contexte, on peut y glisser une pochette d’ordinateur portable, le chargeur, ses clés. Le moteur Mivice X700 est étonnant de puissance, surtout en mode Turbo, et tient bien sa puissance en crête. C’est du vrai couple qu’on ressent à chaque coup de pédale.
L’amortissement est très mou, voire trop. La durée de vie de la fourche inspire peu confiance ; l’amortisseur central paraît plus robuste. Quelques descentes d’escaliers de petits blocs ont été franchies sans talonner, après réglage au poids du cycliste, mais le Roam n’est clairement pas fait pour la descente VTT. Le freinage, en revanche, déçoit : les Tektro manquent de mordant, et le poids du vélo n’arrange rien. Avec 4,3 m pour passer de 25 km/h à l’arrêt, il faut anticiper. Ce n’est pas dangereux, mais il faut forcer pour s’arrêter vite, c’est un point à améliorer.
Le vrai point fort du Roam, c’est sa transmission : la courroie carbone Michelin associée au moyeu Shimano Nexus 5 permet de passer les vitesses à l’arrêt et d’ajuster la tension selon l’effort. Combinée au moteur Mivice X700, c’est un sans-faute : démarrage contrôlé, progressif, avec une sensation de pédalage agréable et une assistance réactive. Les modes d’assistance rappellent beaucoup ceux de Bosch, notamment le mode Auto qui fonctionne de manière identique : parfait compromis entre autonomie, assistance et effort. Le mode Turbo garde une approche « cyclable », pas d’effet mobylette, ce qui est un très bon point. Les pneus Kenda à crampons marqués sont taillés pour les chemins en terre, moins pour le bitume, mais ils s’adapteront selon vos usages.
Autonomie et recharge : une bonne surprise
L’autonomie se situe dans le haut du panier, surtout compte tenu du gabarit, un cycliste de 100 kg sur un vélo de 40,8 kg. En mode Turbo, par 27 °C de moyenne, j’ai pu parcourir 53 km. En mode Tour comme en mode Auto : 70 km. On reste loin des 150 km annoncés en Eco, mais le Mivice X700 reste peu énergivore pour sa catégorie 🔋. C’est une autonomie honnête qui permet de faire des trajets quotidiens sans stress.
Le temps de recharge est remarquable : le chargeur 8 A boucle l’exercice de 6 à 100 % en 2 h 08. Difficile de faire mieux. C’est un vrai plus pour ceux qui ont besoin de recharger rapidement entre deux trajets. La batterie utilise des cellules LG 21700 de qualité, ce qui devrait garantir une bonne longévité. Je pense que cette batterie devrait tenir plusieurs années sans dégradation majeure, c’est un investissement durable.
Pour les trajets quotidiens, cette autonomie est plus que suffisante. Même en mode Turbo, vous pouvez faire un aller-retour domicile-travail sans recharger. Et si vous avez accès à une prise au bureau, vous pouvez recharger complètement pendant votre pause déjeuner. C’est une flexibilité que j’apprécie vraiment.

Conclusion
Je suis particulièrement impressionné par la qualité de la transmission, la courroie Michelin et le moyeu Shimano Nexus 5 font vraiment la différence. C’est un combo que vous ne trouverez pas sur des vélos deux fois plus chers. Le moteur Mivice X700 offre une puissance et une réactivité impressionnantes, et l’autonomie est honnête pour un usage quotidien. Si vous cherchez un vélo électrique tout suspendu capable de vous offrir confort et performance, et que vous êtes prêt à accepter quelques petits défauts, le Roam est une excellente option. J’ai hâte de pouvoir le tester!
En Bref
- Composants premium : Moteur Mivice X700 100 Nm, courroie Michelin, transmission Shimano Nexus 5, batterie 720 Wh
- Confort excellent : Selle confortable, géométrie adaptée, suspension complète (100 mm avant, 60 mm arrière)
- Autonomie honnête : 53 km en Turbo, 70 km en Tour/Auto, recharge complète en 2h08
- Bon rapport qualité-prix : 2 799 € pour un vélo tout suspendu avec composants haut de gamme, malgré quelques finitions à améliorer

