Les bénéfices cardiovasculaires de rouler en vélo électrique

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Une question revient constamment dans les discussions : est-ce que pédaler avec une assistance offre un véritable bénéfice pour le corps, ou est-ce simplement une solution de facilité pour les paresseux ? Pour ma part, je trouve que cette interrogation mérite qu’on s’y attarde sérieusement, en s’appuyant sur des données concrètes et indiscutables. C’est pourquoi je me suis plongé dans les travaux du Dr Éric Thorin, chercheur au centre de recherche de l’Institut de cardiologie de Montréal et professeur titulaire à l’Université de Montréal. Ses analyses, publiées en avril 2026, apportent un éclairage scientifique indispensable. À mon avis, il est temps de balayer les idées reçues et de comprendre ce qui se passe réellement au niveau de notre cœur lorsque nous utilisons un vélo électrique pour nos déplacements quotidiens. Mon but ici n’est pas de vous donner un cours magistral, mais de partager mes réflexions sur ces découvertes fascinantes. Je pense sincèrement que le cœur de notre santé réside dans la régularité du mouvement, et les données médicales montrent que l’effort requis pour faire avancer ces machines, bien que soutenu par un moteur, reste une activité physique à part entière.

Le vélo électrique face au vélo classique : Que disent les chiffres ?

Pour bien comprendre l’impact de l’assistance sur notre organisme, il est essentiel de regarder ce qui se passe sous le capot, ou plutôt à l’intérieur de nos muscles et de nos vaisseaux sanguins. Les recherches physiologiques comparent régulièrement la bicyclette traditionnelle et le modèle avec assistance. Qu’en ressort-il concrètement ? Les études démontrent que, lorsqu’on le compare au vélo classique, le modèle électrique entraîne une fréquence cardiaque moins élevée, une consommation d’oxygène appelée VO2 plus basse, ainsi qu’une dépense énergétique par minute inférieure. De plus, le niveau de MET (l’équivalent métabolique) y est également plus faible.

À première vue, on pourrait penser que cela confirme l’idea d’un effort au rabais. Mais à mon avis, cette analyse est incomplète si on s’arrête là. Ce que je trouve remarquable dans les données scientifiques, c’est que malgré cette baisse d’intensité par minute, l’activation cardiométabolique induite par ce mode de transport reste nettement supérieure à celle de la marche. L’effort se situe de manière constante dans une zone d’intensité modérée, ce qui est précisément ce que recommandent les autorités de santé pour maintenir un système cardiovasculaire en bonne forme. Pour mesurer cette intensité, les scientifiques utilisent une unité appelée MET, qui signifie « Équivalent Métabolique ». C’est un outil de mesure très simple qui compare la dépense énergétique d’un effort à celle du repos.

Par définition, 1 MET correspond à la consommation d’oxygène d’une personne au repos, ce qui équivaut à : 1 MET = 3,5 mL O2/kg/min.

Pour que vous puissiez bien visualiser les différentes catégories d’efforts selon cette unité, voici comment se répartissent les intensités dans le domaine du sport et de la médecine :

Niveau d’intensitéValeur en METExemples concrets d’activités
Intensité légèreMoins de 3 METMarche lente
Intensité modérée3 à 6 METMarche rapide, vélo
Intensité intensePlus de 6 METCourse à pied, football (soccer)

Il faut également savoir que les MET permettent de calculer la dépense calorique de manière très simple, puisque 1 MET équivaut approximativement à une dépense de 1 kcal/kg/h.

Lorsque je roule sur ma machine, je ressens cette différence : on ne finit pas totalement épuisé ou en sueur avant d’arriver au bureau, mais on sent que les jambes travaillent et que le rythme cardiaque s’élève de façon saine. Les données indiquent que même si les utilisateurs consacrent individuellement moins de temps à une activité physique d’intensité vigoureuse par rapport aux cyclistes conventionnels, ils accumulent en réalité une quantité globale de temps actif très importante à des niveaux d’intensité modérée à vigoureuse. Je pense que c’est là que réside le véritable secret de cette technologie : elle permet d’allonger la durée de l’effort tout en réduisant la pénibilité. C’est une excellente façon de faire de l’exercice sans avoir l’impression de subir une contrainte insurmontable, ce qui aide grandement à intégrer le mouvement dans une routine de vie sur le long terme.

Un impact réel sur notre santé cardiorespiratoire et nos artères

Abordons maintenant les données cliniques accumulées au cours des dix dernières années. Les scientifiques ont mené plusieurs études rigoureuses pour évaluer les modifications physiologiques chez les utilisateurs. Les résultats, que je trouve extrêmement encourageants, bousculent de nombreuses idées reçues. Regardons de près les différents paramètres étudiés par les chercheurs comme Höchsmann (2017), Bourne (2018), Riiser (2022), Alessio (2024), Hayward (2023) et Bini (2024).

Le premier paramètre d’importance majeure est la condition cardiorespiratoire, mesurée par la consommation maximale d’oxygène, le VO2peak. On pourrait imaginer que sans assistance, le vélo classique surpasse de très loin la version électrique. Détrompez-vous. Une étude menée sur quatre semaines chez des adultes en surpoids et non entraînés a révélé des améliorations tout à fait similaires entre les deux groupes. Les participants utilisant l’assistance électrique ont vu leur VO2peak progresser de 3,6 mL/kg/min, contre une augmentation de 2,2 mL/kg/min pour le groupe en vélo classique. Les méta-analyses confirment d’ailleurs de manière globale que l’usage régulier du vélo à assistance électrique engendre des gains modérés mais bien réels de la capacité cardiopulmonaire maximale. À mon avis, c’est la preuve scientifique absolue que le corps travaille et s’adapte positivement à cet effort.

Le second aspect concerne la santé de nos vaisseaux sanguins, plus particulièrement la rigidité artérielle et la pression artérielle. Les essais cliniques montrent que l’utilisation à court terme apporte un bénéfice très précis : une diminution de la vitesse de l’onde de pouls centrale (VOP). La mesure de cette vitesse permet d’évaluer la fonction élastique de l’aorte. Plus l’onde se déplace lentement, plus l’aorte est souple et en bonne santé. Selon les travaux d’Alessio et de ses collaborateurs en 2024, une seule semaine d’utilisation a permis de réduire la VOP carotido-fémorale d’environ 6 %. C’est un bienfait physiologique remarquable pour la protection contre le vieillissement artériel. En revanche, les études menées sur quatre semaines indiquent que ce mode d’exercice entraîne un changement mineur ou nul sur la pression artérielle globale.

Le troisième volet mesuré par les chercheurs est le volume total d’activité physique. Plusieurs études, notamment celles de Stenner (2020), Sundfør et Fyhri (2017), ainsi que Castro (2019), démontrent que le vélo 🚲 équipé d’un moteur est très souvent utilisé plus fréquemment et sur des distances beaucoup plus longues que la bicyclette ordinaire. Chez des employés de bureau, on note un temps hebdomadaire de cyclisme et une dépense énergétique globale plus élevés avec l’assistance électrique. Les chercheurs ont même mis en évidence une corrélation directe : plus la distance parcourue augmente, plus on observe une baisse corrélée de la masse corporelle ainsi qu’une diminution de la pression artérielle diastolique. Je trouve ces conclusions particulièrement stimulantes, car elles démontrent que l’aspect pratique et agréable de la motorisation pousse les gens à pratiquer davantage, compensant ainsi la moindre intensité instantanée par un volume global d’exercice bien supérieur.

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L’étude européenne des 10 000 usagers : Des comportements qui changent

Pour mesurer l’impact réel d’une technologie sur la société, il faut de grands échantillons de données. C’est précisément ce qu’apporte une étude d’envergure majeure menée auprès de 10 000 usagers répartis dans 7 grandes villes européennes. Les conclusions de ce rapport à grande échelle sont particulièrement révélatrices du changement de comportement chez les citoyens.

L’un des résultats les plus percutants concerne le respect des directives de santé publique. On constate que les cyclistes circulant en vélo électrique sont particulièrement actifs au quotidien : 97 % d’entre eux respectent scrupuleusement les recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en matière d’activité physique, qui préconisent d’accumuler plus de 600 MET min/semaine. Pour comparaison, ce pourcentage s’élève à 96 % chez les cyclistes conventionnels. On voit donc que les deux groupes se situent à un niveau d’excellence quasi identique en matière de lutte contre la sédentarité.

L’explication de ce phénomène réside principalement dans la distance et la régularité des trajets. L’étude européenne démontre que les usagers d’un vélo avec assistance parcourent des distances quotidiennes nettement plus longues, atteignant en moyenne environ 9,4 km par trajet, alors que les cyclistes conventionnels se limitent à 4,8 km par trajet. Les distances sont donc pratiquement doublées grâce au soutien de la motorisation. En additionnant ces longs trajets réguliers, les utilisateurs obtiennent une activité physique hebdomadaire totale tout à fait similaire, atteignant 4 463 MET min/semaine, contre 4 085 MET min/semaine pour les cyclistes traditionnels. Ces deux populations dépassent de très loin les performances des non-cyclistes, qui stagnent en moyenne à 3 308 MET min/semaine.

Changement d’habitude : L’étude souligne un point comportemental crucial : si certains usagers délaissent parfois le vélo traditionnel au profit de l’assistance, un nombre considérable de personnes choisit de délaisser complètement leur voiture individuelle pour adopter ce mode de transport actif. Ce transfert modal entraîne une augmentation massive et hautement bénéfique de leur activité physique quotidienne globale.

Le profil démographique des utilisateurs apporte également une dimension sociale indispensable à l’analyse. Les données indiquent que les adeptes de la batterie sont généralement plus âgés et affichent un indice de masse corporelle (IMC) plus élevé que les cyclistes conventionnels. Autrement dit, cet outil attire un public qui, au départ, présente un profil plus éloigné des standards sportifs ou qui fait face à des barrières physiques plus importantes. Malgré cela, ces utilisateurs ont déclaré passer plus de jours actifs par semaine (4,2 jours) que les cyclistes traditionnels (4,0 jours) et les non-cyclistes (3,2 jours). À mon avis, cela prouve de manière indéniable que l’assistance n’est pas un choix de paresse, mais un formidable outil d’inclusion et de transition vers une vie active. Elle redonne confiance à des personnes qui n’auraient jamais osé s’élancer sur un vélo classique par peur de la fatigue, du relief ou du regard des autres.

Focus sur l’expérience allemande : Quand les employés de bureau se mettent en selle

Pour observer les effets à l’échelle individuelle de manière rigoureuse, une étude randomisée particulièrement intéressante a été menée en Allemagne. Les chercheurs ont recruté un groupe homogène composé de 101 employés de bureau, travaillant au sein de 4 entreprises différentes. Le protocole était strict et bien pensé : chaque employé devait utiliser alternativement un vélo classique puis un modèle à assistance électrique (ou inversement selon le groupe de départ) pendant une période d’observation de deux semaines pour chaque mode de transport.

Les données recueillies par les scientifiques allemands mettent en lumière des différences comportementales et physiologiques extrêmement instructives :

  • Le nombre de sorties hebdomadaires : Le groupe équipé d’une assistance électrique a réalisé un nombre de sorties nettement supérieur, affichant une moyenne de 5,3 (plus ou moins 4,3) sorties par semaine. En comparaison, la période passée avec la bicyclette classique n’a généré que 3,2 (plus ou moins 4,0) sorties par semaine.
  • Le temps de pratique total : Cette plus grande assiduité s’est logiquement traduite par un temps de cyclisme hebdomadaire global beaucoup plus important. Les employés affichent 174 (plus ou moins 146) minutes par semaine lorsqu’ils disposent du moteur, contre seulement 99 (plus ou moins 109) minutes par semaine avec le modèle standard.
  • La fréquence cardiaque moyenne : Sur le plan de l’intensité pure, le cœur a moins été sollicité de manière violente. La fréquence cardiaque moyenne enregistrée durant les déplacements s’élevait à 109 (plus ou moins 14) battements par minute (bpm) avec l’assistance, alors qu’elle atteignait 118 (plus ou moins 17) bpm sur le vélo musculaire.
  • La perception de l’effort : Les participants ont logiquement ressenti l’exercice comme étant plus doux. Sur l’échelle de perception de l’effort, la note moyenne s’établit à 11,7 (plus ou moins 1,8) pour le modèle électrique, contre 12,8 (plus ou moins 2,1) pour le modèle classique.

Ce que je trouve absolument capital dans cette étude allemande, c’est le calcul final de la dépense énergétique hebdomadaire. Grâce à la forte augmentation du temps passé sur la selle et du nombre de trajets effectués, la dépense énergétique totale s’est avérée nettement plus élevée durant la période avec assistance électrique, atteignant une moyenne de 717 (plus ou moins 652) MET/min/semaine, contre seulement 486 (plus ou moins 557) MET/min/semaine pendant la période en vélo musculaire.

Cette étude prouve de manière éclatante qu’en procurant un effort perçu comme plus accessible et moins décourageant, la technologie lève les freins psychologiques de la fatigue. Les employés font du vélo plus souvent, plus longtemps, et augmentent ainsi leur capital santé global. La hausse modérée mais constante de leur fréquence cardiaque pendant les trajets confirme que le vélo électrique constitue un mode de transport hautement performant pour stimuler et installer durablement l’activité physique chez les personnes sédentaires travaillant dans un bureau ou un cadre sédentaire.

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Ce qu’il reste à découvrir et les limites actuelles

Malgré ce tableau globalement très positif et étayé par de nombreuses données probantes, il est primordial de conserver une approche scientifique rigoureuse et de regarder lucidement les zones d’ombre qui restent à documenter. La recherche médicale avance pas à pas, et les experts du domaine soulignent plusieurs limites importantes aux connaissances actuelles.

En premier lieu, il faut admettre qu’à ce jour, nous manquons cruellement de recul temporel. Aucune étude clinique n’a encore testé les effets à long terme, c’est-à-dire sur des périodes s’étendant au-delà de 6 à 12 mois d’utilisation continue. Par conséquent, l’impact direct de la pratique régulière de la bicyclette à assistance électrique sur la réduction des événements cardiovasculaires majeurs, tels que les accidents vasculaires cérébraux, les infarctus ou la mortalité globale, n’est pas encore formellement quantifié par des statistiques de long terme.

En second lieu, l’intensité de l’effort peut s’avérer insuffisante pour améliorer de façon significative la condition physique de certains profils d’utilisateurs. Si une personne choisit de régler systématiquement le niveau d’assistance au maximum de sa puissance tout en effectuant uniquement des sorties très courtes sur des terrains totalement plats, l’activation métabolique globale risque d’être trop faible pour provoquer des adaptations physiologiques notables.

De plus, pour observer un effet tangible et mesurable sur les différents paramètres cardiométaboliques de notre organisme, les données actuelles estiment qu’il est indispensable de maintenir un niveau d’activité physique minimal. Il semble en effet nécessaire de soutenir un effort se situant à un seuil précis compris entre 3 et 6 MET, et ce, pendant une durée minimale de 30 minutes par jour de pratique. Cependant, les chercheurs précisent eux-mêmes que ces niveaux précis de dépenses énergétiques demandent encore à être confirmés par des études complémentaires standardisées. À mon avis, il faut donc veiller à utiliser l’assistance de manière intelligente, en l’envisageant comme un soutien pour franchir les obstacles ou prolonger les distances, plutôt que comme un substitut total à l’effort musculaire.

Conclusion

Je pense que les données scientifiques présentées par le Dr Éric Thorin et les différentes équipes de chercheurs internationales permettent d’apporter une réponse définitive : malgré la présence rassurante d’un moteur pour soutenir le pédalage, faire du vélo 🚲 avec assistance est bel et bien une véritable activité physique bénéfique pour notre santé. Le grand avantage de cette technologie est qu’elle se montre accessible à la très grande majorité d’entre nous, indépendamment de l’âge, du poids initial ou de la condition physique de départ. C’est d’ailleurs ce qui était ressorti de notre enquête en 2024 auprès de 1000 personnes : le VAE est perçu d’abord comme une activité sportive plutôt que comme un moyen de transport utilitaire

Je trouve que son utilisation régulière possède la vertu rare de détruire instantanément deux des excuses majeures que nous invoquons continuellement pour justifier notre sédentarité :

  • Le manque de temps chronique : C’est l’argument numéro un pour ne pas s’inscrire dans une salle de sport ou s’accorder un moment d’exercice. En intégrant la bicyclette électrique directement au cœur de nos déplacements utilitaires quotidiens, pour aller travailler ou faire des courses, on combine astucieusement l’utile à l’agréable sans amputer son emploi du temps professionnel ou familial.
  • La peur de la difficulté ou de la panne de jambes : Grâce au réglage fin du niveau d’assistance, l’utilisation de la bicyclette redevient un pur plaisir de liberté. On peut envisager sereinement des trajets quotidiens, seul ou en groupe, sur des distances considérables ou face à des reliefs escarpés qui seraient totalement décourageants, voire physiquement inaccessibles, avec un vélo standard non motorisé.
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Thierry
Thierry

Toujours prêt à enfourcher un vélo ou à enfiler mes chaussures de sport, je me tiens à jour des dernières tendances en matière de technologie et de mobilité durable. À travers ce média, je souhaite informer, enseigner et partager ma passion pour les vélos, afin de vous inspirer à monter en selle aussi souvent que possible !

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